Il ne suffit pas de vouloir faire le bien pour bien faire les choses. Les évènements tragiques qui endeuillent et qui continuent de meurtrir Haïti ne doivent pas nous empêcher de porter un regard lucide sur les multiples actions menées par les organisations humanitaires, les associations....
Si l'on doit saluer la réactivité d'un grand nombre d'entre elles, leurs mobilisations, on peut néanmoins s'interroger sur les cohérences voire sur l'efficacité de certaines de leurs actions. Certes, la confusion totale dans laquelle est plongé l'Etat haïtien ne rend pas la tâche aisée. Soulignons cependant qu'un minimum de concertation dans l'action aurait et permettrait de mieux répondre aux attentes des populations.
Chaque organisation, en effet, au nom de la légitimité de sa mission, s'invite à répondre à la hauteur de ses moyens et de la perception des enjeux en prenant faiblement voire pas du tout les actions menées par ses cons?urs et l'on pourrait même préciser de ses concurrentes. Ce véritable « chacun pour soi » auquel on avait assisté aussi en Asie du Sud choque. Comme si la gravité de la cause imposait une urgence désordonnée, une course compétitive : agir le premier et être vu ! L'intention et le but, on peut et on doit le souhaiter, ne sont certainement pas ceci. Cependant, c'est en tout cas le ressenti qu'en ont de plus en plus de femmes et d'hommes qui soutiennent et observent ces organisations.
Il y a urgence à ce que s'instaurent un véritable dialogue, une réelle concertation ou coordination entre les acteurs de bonne volonté : un véritable partage concerté des missions.
Il y a urgence à ce qu'il y ait plus d'humilité dans l'action. Il est des causes qui imposent d'oublier qui on représente.
Louise Coffi

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