Les médias déboussolés

Rendre compte avec objectivité et analyser avec discernement est sans aucun doute ce qu'on attend d'un média, c'est-à-dire éclairer et accompagner la réflexion et le jugement de son lecteur-auditeur. Force est de constater que, sur deux récents grands dossiers, en l'occurrence la crise financière et le sommet de Copenhague, les médias ont davantage suivi les effets d'annonce et émis avec une constante surprenante une multiplicité de signaux complémentaires et contradictoires, comme si ces deux évènements les dépassaient totalement. Constatons en effet qu'ils ont su, dans leur grande majorité, émettre des points de vue, des analyses différentes en fonction des informations qu'ils recueillaient et donné une importance disproportionnée à des signaux faibles.

Le traitement de ces deux évènements est riche d'enseignements. Il démontre la distance nécessaire à prendre par rapport aux données immédiates mais surtout que les médias peuvent se révéler d'un « réalisme barométrique » et mettre en avant une information, en tirer des enseignements et des avis tout en se gardant la possibilité, en fonction de la mise à jour instantanée de cette information, d'émettre avec aplomb un nouveau point de vue tout à fait différent. Aux lecteurs-auditeurs attentifs de comprendre ces subtiles évolutions, ces revirements imposés par les actualités du moment. La question mérite d'être posée : dans le fond, au service de qui sont les médias?

Stéphanie d'Ardier


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