La quasi-faillite de l'Emirat de Dubaï (en moins de 2 mois, la bourse de Dubaï a perdu plus de 25 % de sa valeur !) et les très grandes dérives budgétaires en série auxquelles nous assistons un peu partout - et notamment en Europe que ce soit en Grèce (où la dette publique s'élève à 204 milliards d'euros soit 12% du produit intérieur brut !), en Irlande, en Islande, au Portugal, dans les Pays Baltes, en Espagne et... en Grande Bretagne - sont autant de signaux pour nous rappeler, s'il le fallait, que la crise est loin d'être terminée et qu'après les prémisses de la crise, qui a touché les institutions financières puis les acteurs économiques, nous rentrons désormais dans celle des Etats. Face à cet emballement, quel rôle pourront désormais jouer les Etats confrontés à des situations financières publiques extrêmement dégradées pour ne pas dire catastrophiques ? Selon l'agence de notation MOODY'S, la dette souveraine mondiale devrait s'élever d'ici à la fin 2009 au montant astronomique de 33755 milliards d'euros !
Nous pouvons très légitimement nous interroger sur la gravité de la situation que nous sommes en train de traverser. L'histoire immédiate nous a, en effet, montré le rôle indispensable qu'avaient pu jouer, lors de cette première partie de crise, les « super-assureurs », que sont les Etats. De quelles manières maintenant allons-nous résorber ce marasme économique et financier ? Jusqu'où les Etats, pour ceux qui le peuvent encore, pourront-ils avoir recours à l'accroissement de leur dette pour soutenir leurs économies ? Le risque d'avoir à gérer la crise en l'absence désormais d'assureur régalien pourrait être un scénario plus que probable dans les mois qui viennent. Par ailleurs, nous pouvons nous interroger sur la capacité des marchés à pouvoir répondre, autant qu'ils le souhaitent aux demandes des Etats. Le marché des emprunts d'Etat ne risque-t-il pas lui-même d'être menacé de saturation ? La fuite en avant à laquelle on assiste crédibilise de plus en plus la thèse de la création d'une vraie bulle sur le marché des emprunts d'Etats. Après l'effondrement du monde bancaire et financier, ne risquons-nous pas d'assister, lors de l'année 2010, au naufrage des Etats ? La façon dont réagiront les Etats européens sera, en ce sens, riche d'enseignements.
Loïc Tribot La Spière

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