Manager dans un contexte de turbulences



Idées clef :

Les origines de la crise
La motivation, facteur primordial de la relance
La responsabilité des entreprises au c?ur de la relance économique
L'attitude adéquate dans les mois qui suivent
L'étoffe du manager


Les origines de la crise

Depuis le début des années 1990, le ratio dette/PNB a connu une croissance considérable. Ce n'est pas l'Etat qui est à l'origine de cette croissance, ni même les entreprises industrielles privées, mais bien l'endettement croissant des particuliers. Or les responsables de cet endettement exponentiel ne sont autres que les institutions financières qui ont permis une telle augmentation des emprunts.
Aucune autorité intellectuelle, morale ou politique, n'en a tiré les enseignements à temps, de manière à éviter la situation critique dans laquelle nous nous trouvons actuellement. Cela s'est traduit par une crise de confiance dans le système actuel de capitalisme plus ou moins libéral. La peur conséquente de l'avenir a entraîné un réflexe de protection : l'épargne excessive, qui ralentit, voire met en péril le système économique existant.


« Dans ce système, si l'on s'arrête de pédaler, on tombe ». On n'a pas la possibilité de stagner, on est obligé d'aller de l'avant. De quelle manière ? En créant le besoin d'acheter du consommateur potentiel, en transformant son envie de changer en impérieuse nécessité. La création de ce besoin factice a ainsi détourné l'entreprise de sa fonction première, qui consiste à construire et fournir une situation de confort et de bien-être aux citoyens.

La motivation, facteur primordial de la relance

Indiens et chinois trouvent mille et une raisons de se retrousser les manches pour que le système continue malgré tout à fonctionner. Le souci majeur, en Europe, est de trouver les moyens de motiver les citoyens pour faire fonctionner le système. De quelle manière remotiver les salariés et les consommateurs, autrement dit, l'ensemble des citoyens ?
Concernant les salariés, l'idée très répandue que l'entreprise travaille prioritairement, voire exclusivement pour l'actionnaire, au détriment des salariés, a naturellement engendré un détachement
croissant de ces derniers par rapport aux objectifs de l'entreprise. Renforcée par le décalage croissant entre leurs salaires et ceux de leurs dirigeants, cette idée a conduit le salarié à ne plus percevoir aucune reconnaissance pour son travail, son utilité et sa valeur au sein de l'entreprise et donc à le démotiver. Afin d'inverser la tendance, il conviendrait dans un premier temps pour les entreprises e reconnaître leurs erreurs et d'amorcer un changement de fonctionnement.
En ce qui concerne le consommateur, le problème vient du fait qu'ils sont analysés à travers leur pouvoir d'achat, et non pas en fonction de leurs besoins réels ni du bien-être du foyer. Au lieu de les accabler de publicité, il conviendrait de les considérer comme des consommateurs éclairés, à travers une offre de produits et de services tournés vers les autres, vers le bien-être de ceux qui les entourent, une offre correspondant mieux au monde auquel ils aspirent. Dans ce cas seulement, les consommateurs se montreront moins méfiants, plus enthousiastes et réellement concernés.

La responsabilité des entreprises au c?ur de la relance économique

Si l'entreprise occidentale ne se rend pas compte qu'elle a besoin de continuer à innover pour motiver les salariés à travailler et les consommateurs à acheter, l'économie court à sa perte, puisqu'elle existe essentiellement à travers l'activité des entreprises.
Il est donc de la responsabilité des entreprises et de leurs dirigeants de remettre en cause les modèles économiques qui ont fonctionné durant plusieurs décennies, d'analyser plusieurs types de scenarii et de réagir aussi vite que possible. Rappelons que l'économie réelle n'a été impactée par la crise que depuis le 15 septembre 2008, date de la faillite de Lehmann Brother.
La responsabilité des entreprises, leur raison d'être, leur rôle économique et social consiste à contribuer au développement de leur environnement français, européen et mondial. La relance doit nécessairement passer par la redécouverte des responsabilités de l'entreprise.


Les entreprises, qu'elles gravitent dans le secteur industriel ou celui des services, ont la capacité de s'adapter aux contraintes, de se remettre en cause et d'aller de l'avant. Dans une entreprise, on peut schématiquement dénombrer 20% de personnes prêtes à bouger, 60% qui attendent passivement et 20% de personnes réticentes au changement. Il convient donc de motiver les premiers, de convaincre progressivement les seconds du bien-fondé du changement et de faire au mieux avec les troisième qui, quelque soit le contexte, seront toujours récalcitrants. Le succès de cette mission passera certes, par le contenu du projet, mais aussi par la façon de le présenter.

L'attitude adéquate dans les mois qui suivent

Il serait bon, dans un premier temps, d'attendre que le flot de mauvaises nouvelles se tarisse - quelques mois, probablement - en espérant que les mauvaises nouvelles de l'augmentation du chômage n'aient pas le temps d'empêcher les consommateurs et producteurs de retrouver leurs marques.
Les acteurs économiques et financiers devront impérativement reconnaître l'impact de leurs erreurs, mais en relativiser la capacité destructrice par leur aptitude à repartir sur de nouvelles bases. La crise doit être considérée comme un accident grave - et non pas une catastrophe à l'échelle de l'Histoire - dont nous devons tirer les conséquences, prendre des décisions lors du G8 et agir.
L'impulsion doit avant tout venir des acteurs économiques que sont les entreprises. Elle consiste tout d'abord à combler la carence de responsabilité de ces dernières années. La relance devra impérativement passer par la reconnaissance des erreurs collectives mais également des fautes individuelles et assumer sa part de responsabilité.

Face aux puissances économiques émergentes
Face à la croissance des nouvelles puissances économiques telles que la Chine et l'Inde - qu'il ne s'agit en aucun cas de freiner - l'Occident doit tenter de trouver de nouveaux projets qui redonnent une dynamique, un sens, une raison légitime d'exister à l'entreprise et donc une volonté au salarié de s'y investir. Il existe déjà beaucoup d'idées et de projets, notamment dans le domaine de l'environnement et du développement durable, qui pourraient contribuer à la relance s'ils étaient correctement suivis.
Or il peut être reproché aux entreprises, ces dernières années, d'avoir sous-investi dans de nouveaux projets et dans la R&D, pour éviter de prendre des risques et favoriser l'optimisation à court terme du bilan et du compte de résultat, éléments sur lesquels leurs dirigeants se croyaient jugés par les actionnaires. Il conviendra donc d'opérer un changement radical dans la gestion des priorités et dans la définition des objectifs à moyen et long termes de l'entreprise, en y incluant la variable innovation et R&D en bonne place.

Quel avenir pour la jeunesse d'aujourd'hui ?
Le malaise actuel qu'éprouve la jeunesse vient notamment de ce que le système éducatif leur « permet de perdre » trois années de leur vie à l'université, sans aucune validation d'acquis. Une réforme est donc nécessaire, mais de la manière de la présenter dépendra en grande partie son succès.
Par ailleurs, il est important d'apprendre pendant ses études, certes, mais aussi tout au long de sa vie, au sein de l'entreprise. Il est irresponsable pour une entreprise de ne pas investir dans la formation de son personnel. L'impôt sur la formation, instauré en 1972, n'a pas contribué à aller dans ce sens. Depuis quelques années, heureusement, les entreprises voient de plus en plus l'intérêt d'investir dans la formation des salariés, afin de tirer partie de l'augmentation de leurs connaissances.

L'étoffe du manager

Manager en période de crise implique :
- Une stature de challenger
- Prendre et assumer ses responsabilités, être conscient de ses erreurs
- Une grande capacité de remise en cause et d'adaptation
- L'envie d'agir et non de réagir, et la capacité à motiver son entourage dans ce sens
- Redonner de la valeur à l'Homme, du sens à son travail et de la reconnaissance à la valeur qu'il créé. Autrement dit, savoir optimiser le facteur humain
- Travailler ensemble
- Réussir à se faire entendre et comprendre au niveau international
- Cultiver la vertu de la positivité : ne pas risquer mais oser.


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