La crise et l'Afrique

La crise est là, elle aura des conséquences ne nous voilons pas la face : mobilisons nous
Ce serait commettre une grave erreur que d'affirmer que l'Afrique pourrait être moins touchée par la crise financière internationale que la plupart des Etats développés, et faire preuve d'une grande naïveté que de minimiser non seulement les conséquences de l'interdépendance des économies mais aussi l'impact des phénomènes systémiques d'emballement. Malgré et indépendamment des prédictions du FMI qui prévoit une croissance d'au moins 3.5% en 2009 en Afrique, on ne peut que constater depuis le début de l'année :
? La chute d'environ 30% de la demande de matières premières
? Qu'à l'exception du cacao dont le prix a augmenté de 6.2% et de l'or de 2.1%, les cours de la plupart des matières premières se sont effondrés (le blé de 54.8%, l'huile de palme 50.1%, l'uranium de 58.2%...)
? Un ralentissement du transfert de capitaux des migrants vers l'Afrique. Baisse qui devrait selon les estimations les plus récentes de la banque mondiale tourner autour de 44%.

La crise aura en Afrique des conséquences sans aucun doute plus dramatique qu'en Europe. Comme le soulignait encore récemment l'économiste en chef pour l'Afrique de la Banque mondiale, Shantayanan Devarajan, le simple recul de la croissance de 2 ou 3%µ peut, a eu et aura des conséquences graves et persistantes en Afrique. Les études et les analyses effectuées sur la base des précédentes crises en, Afrique ont permis de montrer l'impact qu'avait eu les dernières récessions, notamment sur le taux de mortalité. Toujours selon les estimations de la Banque Mondiale, la crise pourrait accentuer la courbe de la mortalité infantile. Les prévisions font ressortir que 700 000 enfants africains pourraient, dans leur première année de vie, décéder. Les causes sont nettement identifiées :
? Déficience des services de santé
? Nutrition dégradée
? Eau potable plus rare
? Parents obligés de délaisser leurs enfants pour assurer la subsistance de leur famille...
Les faits appellent et imposent des réponses rapides et concrètes, non seulement de la part des pays développés, en respectant entre autre leur engagement d'aide et d'investissement mais aussi de la part des Etats africains dont les infrastructures et les modes de gestion restent dans bien des cas faiblement efficients. Le cas le plus significatif et le plus caricatural est sans nul doute cet exemple relevé par la Banque Mondiale concernant l'Etat Tchadien. Sur 100 dollars dépensés dans les services publics de santé tchadienne, un seul dollar est effectivement consacré aux malades ! La crise impose que tous les acteurs se mobilisent sans exception !

 Louise Coffi, Responsable de la communication interne et des Relations avec les Institutions


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