Le cas de la crise financière mondiale et son impact sur le continent africain

I- Les origines de la crise et ses évolutions
La crise des « subprimes » est la cause principale de la crise financière mondiale actuelle. En effet, à partir de 2007, cette crise des « subprimes » a affecté tout le système financier américain et européen ainsi que certains pays de l'Asie. Cette crise monétaire s'est graduellement muée en crise boursière avec la chute des cours des grandes institutions financières.
Suite à cela, on a assisté entre autre, à la faillite de Lehman Brothers aux USA, à la nationalisation de AIG, Fanny Mae, Freddie Mac aux USA, de Northern Rock et Bradford&Bingley en Angleterre, ou encore à la recapitalisation de plusieurs institutions financières telles que CityBank, Goldman Sacks, UBS, etc. Par conséquent, plusieurs pays ont annoncé le début de la récession et des plans de relance pour rétablir la confiance des ménages et stimuler la consommation.
Parmi les responsabilités des différentes parties prenantes, on trouve les institutions financières qui, dans l'euphorie de l'augmentation des coûts de l'immobilier, n'ont pas hésité à investir dans des instruments complexes qui ont traduit un total échec des systèmes de gestion de risque et de gouvernance. Viennent ensuite les actionnaires des institutions financières qui ont approuvé les packages de rémunération des dirigeants de banques et qui ont implicitement obligé les dirigeants à investir dans des instruments financiers à haut risque qui offraient une forte rentabilité à court terme. Les ménages, quand à eux, ont massivement participé à l'accroissement des créances des banques en empruntant des montants élevés à de faibles taux d'intérêts. Les autorités de régulation et les agences de notation n'ont, pour leur part, pas été en mesure de suivre les innovations introduites par les banques au niveau des produits financiers et de mettre en place les mécanismes adéquats pour évaluer les niveaux de risque et prévenir des défaillances éventuelles. Enfin, les Etats, en l'occurrence, les Etats-Unis, ont encouragé l'endettement massif des ménages dans un contexte de déflations suite aux évènements du 11 septembre 2001 et à l'éclatement de la bulle des nouvelles technologies et  dans le cadre de la politique de stimulation de la consommation.

II- Les conséquences de la crise
Tout cela a entraîné des conséquences indirectes mais potentiellement importantes pour l'Afrique. En effet, même si l'Afrique ne devrait pas être directement touchée par la crise des « subprimes », des répercussions de la crise économique mondiale pourraient avoir des effets néfastes sur les économies des pays africains et freiner le cycle de croissance. Parmi les effets de crise, il y a la baisse de l'aide publique au développement  et les investissements directs étrangers, la chute des cours des matières premières, la baisse des investissements sur les marchés financiers avec le retrait des flux de capitaux des investisseurs étrangers et la réduction des transferts en provenance de la diaspora africaine vivant en Occident.

III- Les solutions et les leçons à tirer
La crise financière actuelle devrait inciter les économies africaines à :

  • la mise en place d'une plateforme d'échange et de dialogue entre les pays africains pour débattre et proposer des solutions concrètes pouvant leur permettre d'atténuer les effets de la crise sur leurs économies,
  • la participation active des Etats africains aux rencontres internationales d'échanges et la prise de décision sur la crise,
  • la mise en place avec l'aide des bailleurs de fonds d'une politique d'endettement pour le secteur privé, surtout les investissements dans le secteur des BTP, des infrastructures de transport, ou de la production des denrées alimentaires de première nécessité,
  • le développement du commerce entre les Etats africains dans un contexte de baisse de la demande sur les marchés internationaux,
  • accélérer les processus d'intégration régionale déjà mis en place dans le but d'élargir leurs marchés et de profiter des économies d'échelles,
  • renforcer les règles et principes de gouvernance d'entreprises dans le but d'éviter les excès qui ont conduit à la crise actuelle,
  • développer le secteur bancaire et les marchés financiers tout en mettant en place des mécanismes de régulation permettant de minimiser les risques de défaillances du système,
  • améliorer l'environnement des affaires dans le but d'attirer les flux de capitaux des autres régions du monde moins affectées par la crise notamment les pays du Golf et la Chine,
  • renforcer les capacités d'intervention des institutions financières internationales telles que le FMI, la Banque Mondiale et la BAD, de sorte à faciliter l'accompagnement et le soutien des pays émergents et en voies de développement.


De plus, au-delà des différents plans de mesure de relance initiés par les gouvernements des pays les plus affectés par la crise, certaines mesures méritent d'être considérées dans le but de rétablir la confiance, gage d'un système financier mondial efficient :

  • Le renforcement des mécanismes de gouvernance et de contrôle interne des institutions financières,
  • L'encadrement et la régulation des transactions de titrisation
  • La règlementation des fonds spéculatifs
  • La révision des systèmes de rémunérations des dirigeants d'établissements financiers
  • Le renforcement des pouvoirs des autorités de régulation des marchés financiers
  • L'encadrement et la supervision des agences de notation
  • La nécessité de renforcer la communication entre les Etats et d'élargir les cadres de concertation aux pays émergents et en voies de développement.

Michel Abrogoua -Directeur Général de PHOENIX CAPITAL MANAGEMENT : http://www.phoenix-africa.net/

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