La crise financière et son impact sur les économies : constat, analyse, et les élements de proposition

Eclatement de la Bulle Immobilière aux Etats-Unis: de la Crise Immobilière à la Crise de Liquidité des Institutions Financières
  • Suite à l'éclatement de la bulle des nouvelles technologies on assiste dès 2000 à des mouvements massifs de capitaux vers de nouveaux débouchés offrant une plus grande rentabilité.
  • Dans un contexte de baisse drastique des taux d'intérêts par la Fed, Banque Centrale Américaine au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 (9% en 2000 à 1% en 2002), combinée à une hausse continuelle des prix de l'immobilier alimentée par la politique de vulgarisation du logement et de stimulation de la consommation de l'état américain, les crédits immobiliers sont accordés à tous les ménages, même les moins solvables (introduction des prêts hypothécaires à haut risque ou "Subprime").
  • Les prêts "Subprime", octroyés de plus en plus par les banques américaines aux ménages modestes, à des taux variables et indexés aux taux directeurs de la Fed, ne sont avantageux que si ces derniers demeurent bas et que la valeur des biens immeubles continuent d'augmenter.
  • Par ailleurs, ces prêts « titrisés » par le biais de produits dérivés tels que les CDO (Collateralised Debt Obligations), sont vendus à d'autres institutions financières en Europe et en Asie qui ignorent ou feignent d'ignorer les risques inhérents à cause de leur rentabilité.
  • Cependant, de 2003 à 2006, le taux directeur de la Fed passe de 2% à 5,75% et une grande partie des bénéficiaires des prêts "Subprime" n'arrivent plus à payer leurs échéances. Leurs logements dont ils sont dépossédés sont revendus par les banques. Ces ventes massives entrainent une baisse des prix de l 'immobilier et donc de la valeur des hypothèques.
  • Les banques sont donc confrontées à des défauts de paiements qui affectent leurs engagements et la valeur des produits dérivés rattachés aux prêts "Subprime".

Evolution de la crise: de la Crise de Liquidité à la Crise Financière

  • A partir de 2007, la crise des "Subprime" affectent tout le système financier américain et européen ainsi que certains pays de l'Asie qui sont fortement exposés aux produits dérivés.
  • Cette crise est exacerbée par la crise de confiance qui règne entre les grandes institutions financières, née du fait que l'on ignore lesquelles des structures sont les plus affectées par ces « actifs toxiques ». Ceci entraine une baisse des transactions sur le marché interbancaire affectant ainsi la liquidité du marché.
  • La crise monétaire va graduellement se muée en crise boursière avec la chute des cours des grandes institutions financières sur les principales places du monde, entrainant la perte de dépôts de nombreux épargnants.
  • En 2008, la magnitude de la crise financière oblige des décisions d'envergure de la part des états et de grands groupes financiers. On assiste entre autre à:
  • la faillite de Lehman Brothers aux USA;
  • le rachat de Bear Stearns et Washington Mutual par JP Morgan, de Merryl Lynch par BOA, de HBOS par Lloyds TSB, de Fortis par BNP Paribas;
  • La nationalisation de AIG, Fannie Mae, Freddie Mac aux USA, de Northern Rock et Bradford & Bingley en Angleterre etc.
  • La recapitalisation de plusieurs institutions financières telles que Citibank, Goldman Sachs, UBS etc.


Globalisation de la Crise: de la Crise Financière à la Crise Economique

  • La persistance de la crise financière qui était au départ limitée aux institutions financières va instaurer un climat d'incertitude généralisé au détriment des investissements et de la croissance de l 'économie mondiale.
  • Le PIB mondial décroit de 5,2% en 2007 à 3,7% en 2008 et est estimé à 0.9% en 2009.
  • On assiste à une baisse globale de la demande entrainant une baisse des cours du pétrole à $40 le baril après avoir atteint des niveaux records au delà de $150. La zone euro enregistre un déficit de 7 milliards d'euros en novembre 2008.
  • Plusieurs secteurs de l'économie réelle sont affectés par la crise financière notamment, la grande distribution, l'automobile, le BTP, les matières premières agricoles et minières qui voient leurs cours dégringolés sur le marché international.
  • Plusieurs économies dont les Etats-Unis, la France, l'Allemagne, l'Espagne et certains pays de l'Europe de l'Est annoncent le début de la récession et des plans de relance pour rétablir la confiance des ménages et stimuler la consommation.


Le Rôle des Acteurs du Marché dans la Crise Financière

Les institutions financières:

  • Dans l'euphorie de l'augmentation des coûts de l'immobilier, les dirigeants des grandes institutions financières n'ont pas hésité à investir dans des instruments financiers complexes destinés au départ à réduire les risques de défaillance et garantir une bonne rentabilité mais qui ont cependant produit les effets contraires, traduisant un total échec des systèmes de gestion de risque et de gouvernance;
  • La crise traduit également les faiblesses des systèmes de rémunération de ces dirigeants qui étaient essentiellement basés sur la prise de risques.

Les actionnaires des institutions financières:

  • Ils ont approuvé les packages de rémunérations des dirigeants des banques;
  • Ils ont de façon implicite obligé les dirigeants à investir dans des instruments financiers à haut risque qui offraient une forte rentabilité à court terme.

Les ménages:

  • Ils ont participé massivement à l'accroissement des créances des banques en empruntant des montants élevés à de faibles taux d'intérêt dans l'espoir de refinancer ces dettes grâce à l'augmentation de leurs hypothèques.

 Les autorités de régulation et les agences de notation:

  • Elles n'ont pas été en mesure de suivre les innovations introduites par les banques au niveau des produits financiers et de mettre en place les mécanismes adéquats pour évaluer les niveaux de risque et prévenir des défaillances éventuelles.
  • Les conflits d'intérêts qui existaient entre certaines institutions financières et les agences de notation affectaient l'objectivité des évaluations de ces dernières.

 Les états en l'occurrence les USA:

  • Ils ont encouragé l'endettement massif des ménages dans un contexte de déflations suite aux évènements du 11 septembre 2001 et l'éclatement de la bulle des nouvelles technologies et dans le cadre de la politique de stimulation de la consommation.


Les Solutions et les Leçons à Tirer
Au delà des différents plans de relance initiés par les gouvernements des pays les plus affectés par la crise, certaines mesures, énumérés ci-dessous méritent d'être considérées dans le but de rétablir la confiance, gage d'un système financier mondial efficient:

  • Le renforcement des mécanismes de gouvernance et de contrôle interne des institutions financières;
  • L'encadrement et la régulation des transactions de titrisation;
  • La réglementation des fonds spéculatifs;
  • La révision des systèmes de rémunérations des dirigeants d'établissements financiers;
  • Le renforcement des pouvoirs des autorités de régulation des marchés financiers;
  • L'encadrement et la supervision des agences de notation;
  • La nécessité de renforcer la communication entre les états et d'élargir les cadres de concertation aux pays émergents et en voies de développement.

Michel Abrogoua -Directeur Général de PHOENIX CAPITAL MANAGEMENT : http://www.phoenix-africa.net/  


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