Suite à la chute des prix des matières premières et du pétrole, le manque à gagner pour l'Afrique s'élève à environ 250 milliards de dollars. Le ralentissement de l'activité économique mondiale en 2009, devrait par ailleurs très fortement perturber la situation financière de l'ensemble des Etats africains. Au mieux, le taux de croissance moyen de son PIB devrait être de l'ordre de 3 voire 3.5 %. Il n'est pas du tout sûr, d'ailleurs, que ces projections avancées très récemment par le président de la BAD soit réellement atteignables. On est en droit de craindre que l'Afrique, touchée de manière systémique, par la crise internationale, la subisse plus durement que les autres continents et qu'elle puisse avoir à terme, des conséquences particulièrement graves pour les Etats aux systèmes économiques et sociaux particulièrement fragiles. Il ne faut certainement pas exclure que dans un tel contexte, des tensions et des conflits puissent apparaitre et dégénérer. Il y a urgence à réagir !
Certes nous savons, globalisation oblige, que toute forte dépression ressentie désormais, même à l'autre extrémité de la planète, peut toucher un grand nombre d'acteurs même s'ils sont éloignés de plusieurs milliers de kilomètres. Néanmoins, il serait quand même particulièrement choquant que cette crise qui n'a pas pour origine l'Afrique, puisse la frapper très durement sans que les grands Etats, causes de ces dérives, ne viennent la soutenir, et corriger leurs actions inconséquentes.
Il ne saurait, en effet, y avoir de véritable plan de relance globale sans prise en compte de la situation africaine. La mondialisation n'existerait t'elle que dans un sens ? Par delà les discours les actes s'imposent, ils devront dépasser le stade des symboles !
Louise Coffi,
Responsable des Relations Institutionnelles et de la Communication interne, CEPS

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