La crise et l'Afrique

Pour la première fois depuis 60 ans, la croissance mondiale pourrait être négative et impacter sévèrement la plupart des économies dans le monde.

Aucun continent, aucun Etat ne peut raisonnablement affirmer qu'il sera moins touché que les autres. En l'état actuel, il serait, en effet, bien hasardeux de prétendre que l'on a réussi a dresser un inventaire précis des vrais faux bilans à évaluer l'impact des actifs douteux...sans oublier que l'on a, pour l'instant, soigneusement évité d'évoquer les secteurs d'activités qui devraient subir très profondément la crise.

Le monde est en suspens, tout les Etats seront touchés, certes, à des degrés différents. Ce serait, en effet, une erreur de croire que les Etats, les économies qui n'ont pas succombés « aux chants des sirènes » financières puissent être faiblement concernés. L'Afrique qui a connu en 2008 une croissance de plus de 5.4% devrait, sera, commence à être touchée : globalisation, interdépendance oblige ! La chute de la demande de matière première, la diminution des fonds envoyés par les travailleurs émigrés, la baisse des investissements étrangers, autant de facteurs qui vont durement impacter les économies du continent africain.

Il y a extrême urgence à réagir ! L'Afrique reste toujours en l'attente, depuis 2005, des aides annuellement réitérées par le G7 mais jamais honorées.
La crise mobilisera t-elle les Etats européens à tenir leur engagement ? Leur offrira t-elle la porte de sortie ou plutôt le prétexte à intervenir faiblement voire pas du tout ?

Constatons que la communauté internationale a réussi à trouver des milliards de dollars pour essayer de résoudre la crise, que les Etats occidentaux ont décidé d'intervenir de manière vigoureuse dans leurs économies.

Constatons que la quasi-totalité des Etats africains ne dispose pas à ce jour de moyens pour mettre en place et financer des plans de relance économique et sociale.
Mais aussi constatons avec honnêteté qu'un certain nombre de dirigeants politiques africains n'ont pas su prendre la pleine mesure du contexte économique international et n'ont que très faiblement, ces dernières années, contribué à soutenir, développer, diversifier leurs économies. La crise internationale ne serait en la circonstance totalement gommer leur responsabilité.

Face à la crise, la communauté internationale doit se mobiliser et tenir ses engagements ; L'Europe ne peut se permettre d'être absente. Les dirigeants politiques africains de leur coté doivent prendre enfin conscience de leurs responsabilités. La crise que nous connaissons appelle, sans aucun doute, une autre façon de gérer les entreprises mais aussi de manager les Etats. Il ne serait y avoir de véritable stratégie de sortie de crise sans confiance et jusqu'à preuve du contraire, la confiance ne s'impose pas, elle se gagne !
 
Loïc Tribot la Spière
Délégué Général CEPS
CEPS OING CEPS OING

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