Grenelle de l’environnement : les palabres durables

Que les Français, représentants politiques en tête, excellent dans les discussions théoriques, parfois au détriment de l'action concrète, cela ne constitue en rien une nouveauté.

Le Grenelle de l'environnement n'a pas échappé à cette logique. La planification de la mise en oeuvre des conclusions des tables rondes d'octobre 2007 s'est progressivement transformée en palabres durables. Il aura fallu plus d'un an pour traduire ces conclusions dans une loi de programmation. Combien de temps faudra-t-il pour adopter les lois précisant les modalités d'application ? Et oserons-nous nous demander combien de temps prendra l'adoption de tous les textes de mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement ? Plus, ou moins que ce que peut patienter notre planète ?

Certes, la critique est facile, le Grenelle de l'environnement a au moins le mérite d'exister. Espérons que les acteurs, pouvoirs publics en amont, pérennisent cette existence de manière à ce que cet « événement-impulsion » ne se transforme pas rapidement en un vieux souvenir mais, au contraire, constitue la base d'un mouvement beaucoup plus ample sur le long terme. Souhaitons que la France profite de ses six mois à la tête de l'Union Européenne pour impulser une dynamique vertueuse dans les deux domaines dont elle a choisi de faire ses priorités : la lutte contre le changement climatique et l'énergie.

Anne Pousson, Chargée de mission, CEPS

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