La période que nous traversons est certes riche d'opportunités, mais constatons néanmoins qu'elle ne semble pas de nature à créer une véritable émulation pouvant mobiliser les hommes et les femmes qui, au quotidien, travaillent. Certes, elle mobilise les accompagnateurs ou les rapprocheurs de valeur mais perturbe ceux qui, au quotidien, contribuent à son élaboration. Illisibilité et manque de confiance sont, sans nul doute, les maux dont souffre la période que nous traversons, comme si la seule approche financière pouvait permettre d'évaluer la richesse d'une activité. L'économie serait elle devenue une dynamique sans raison au service de managers subtils qui, lorsqu'ils se trompent, dénient à leurs salariés et à leurs actionnaires le droit de les contester ? En effet, étrange période que celle que nous traversons, où ceux qui fustigeaient les Etats les sollicitent désormais au nom de la préservation des emplois. Comme si les profits et leurs modes de répartition ne souffraient aucun commentaire mais qu'en revanche, les dettes devaient être « mutualisables ». Tout ceci impose un réel et légitime retour à l'humilité, au bon sens et surtout à une véritable prise en compte du facteur humain. La destruction de valeurs en cascade à laquelle nous assistons est le résultat d'une dérive surprenante mais ô combien réelle, en quelque sorte une véritable « subtilisation » de valeur.
En replaçant l'homme au c?ur des priorités, nous mobiliserons des énergies insoupçonnées et éviterons de revivre des scénarios aussi absurdes que ceux que nous venons de vivre. Avoir enfin une compréhension collective de la valeur s'impose et cela implique de nouveaux managers, un nouvel état d'esprit. Il serait temps de comprendre que, certes, le contexte a changé, mondialisation oblige, mais surtout que les hommes veulent désormais être associés et non plus « consommés » et être laissés au gré des circonstances au bord de la route. Il serait absurde et dangereux de l'ignorer.
Loïc Tribot La Spière

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