La réforme de l'Etat

Il serait extrêmement réducteur de vouloir assimiler l'idée de réforme à un exercice comptable, à un simple effort de réduction des coûts si nécessaire soit-il.

On ne saurait, en effet, concevoir une grande rénovation sous l'unique prisme budgétaire, surtout, lorsque le sujet concerné est l'État dont la vocation et la finalité sont d'assurer la gestion de services d'intérêts généraux, de fonctionnalités essentielles et, fondamentalement, de créer un lien harmonieux entre des personnalités extrêmement différentes.

La réforme est, et doit être, l'expression d'un projet visant à l'optimisation de l'existant. Décider de supprimer des postes de fonctionnaires ne serait être une fin en soi. Cela n'a de sens que si on a à c?ur de définir les priorités de l'État et, en fonction de cet objectif, d'adapter les pratiques et les modes de fonctionnement.

A cet égard, veillons à éviter les vrais/faux combats idéologiques, en l'occurrence, à vouloir se focaliser sur des démarches réductrices/effets de mode du type « État minimal ». Le sujet impose du souffle, de la hauteur de vue. L'objectif n'est pas d'aboutir à moins d'État mais à mieux d'État en plaçant au c?ur des priorités le citoyen, le contribuable, le consommateur d'intérêt général.

Réformer, c'est, par excellence, gouverner ; c'est avoir compris que la démocratie et sa structure constituante, l'État, est en devenir et que le plus grand risque que l'on pourrait faire peser sur cette institution serait de vouloir la figer comme si l'on pouvait refuser à l'Homme d'évoluer dans ses goûts ou ses aspirations.

La réforme est le légitime pendant de la démocratie, de ce corps social en mouvement. Cependant, elle ne saurait jouer pleinement son rôle que si les évolutions et les mutations qu'elle propose sont claires, compréhensibles par le plus grand nombre, et répondent à de vrais attentes de nature à susciter une légitime adhésion. Mais aussi, et cela va de soi, que les efforts déployés, les résultats escomptés soient tangibles et concrets et, lorsqu'ils sont atteints, qu'ils soient visibles dans la vie courante.

Cet exercice, enfin, ne saurait oublier les acteurs qui font et animent au quotidien la vie de l'État. On ne saurait, en effet, concevoir une réforme qui pourrait oublier ou faiblement prendre en compte ceux qui y consacrent leur existence. Les fonctionnaires sont certes au service de l'État mais ils restent avant tout et pleinement des contribuables, des citoyens, des consommateurs aussi d'intérêts généraux. Le changement est un exercice subtil qui requiert fondamentalement des êtres de talents qui ont compris l' « essentialité » de l'exercice à savoir optimiser le paramètre humain dans une finalité consensuelle.


Loïc Tribot la Spière


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