L'avènement des fonds souverains : l'annonce d'une nouvelle donne mondiale économique et financière ?
PROBLÉMATIQUE
Trois mille milliards de dollars - et même plus, trois mille cent quatre-vingt dix milliards de dollars : c'est le montant de la capitalisation totale des fonds souverains, atteint en 2007. Cela représente 4 % de la capitalisation boursière mondiale. Selon une estimation du Fonds monétaire international, cette somme passera à plus de 10 000 milliards de dollars d'ici 2013. Entre fin novembre 2007 et mi-janvier 2008, ces fonds souverains ont aussi injecté plus de 50 milliards de dollars dans les institutions financières en difficulté. La crise a hissé ces fonds au premier plan de la sphère financière internationale, les laissant rivaliser avec les plus gros fonds d'investissements. De parias, ils sont devenus sauveurs des économies !
Aux fonds originaux, chargés d'assurer la gestion du produit de cession des ressources naturelles non-renouvelables d'un pays, et aux fonds souverains à vocation hégémonique, sont venus s'ajouter les FSI - fonds stratégiques d'investissement, qui constituent l'apanage des États dépourvus « d'avoirs » naturels mais dotés d'une capacité d'emprunt. Tous confondus, souverains ou stratégiques, ces fonds marquent-ils l'avènement d'un nouveau capitalisme : le capitalisme d'État transfrontalier ?
Ce capitalisme d'État pourra-t-il répondre aux exigences de l'opinion et s'attaquer à la réorganisation du fonctionnement des marchés ? Osera-t-il entamer une réflexion sur la taxation des opérations financières ? Imposera-t-il la réforme du système monétaire international ?