Demain un monde sans travail !

Date de l'événement: 
04 septembre 2017
S’il est indéniable que la robotisation de l’activité économique devrait permettre de diminuer les tâches répétitives et pénibles, mais aussi continuer à accroître le niveau de qualité et de productivité elle réduira quoi que l’on en dise significativement le nombre des postes de travail gérés par l’homme.
Certes de nouveaux métiers, de nouveaux services devraient émerger, mais ils ne devraient compenser qu’en faible partie ces postes réattribués.
En se reconfigurant les entreprises souhaitent relever les défis de la productivité et de la baisse des coûts et des charges liés au salariat.
On peut craindre qu’à terme l’emploi humain soit perçu principalement sur de plus en plus de segments d’activités comme un poste de coûts !
La robotisation devrait dans un premier temps écarter de l’activité travaillée, une très grande masse de personnes faiblement, voire non qualifiées, notamment dans l’alimentaire, la restauration, la confection…
Selon un très récent rapport de la Banque Mondiale, environ 70% des emplois pourraient être menacés dans les pays émergents, voire 60% dans les pays de l’OCDE, dans le seul secteur de l’industrie textile (soit quelques centaines de millions d’emplois !)
Quelles activités de substitution offrir à ces « chômeurs structurels » ? L’importance et la rapidité du phénomène risquent de bouleverser en profondeur un certain nombre de systèmes politico-économiques et sociaux déjà précaires. Comment et de quelle manière répondre aux attentes d’emplois, de survie de ces personnes faiblement formées ? Quelles formations leur offrir ? Pour quels métiers les mettre en place ? Ces questions se poseront et se posent dès à présent avec d’autant plus d’acuité dans le monde hyper urbain que nous sommes en train de construire.
On peut raisonnablement considérer que le poids de l’activité non déclarée, de l’informel, devrait dans les années à venir significativement s’accroître, avec peut être un recours beaucoup plus systématique à la prestation occasionnelle journalière.
La robotisation, la digitalisation impacteront aussi les tâches qualifiées, modifieront les missions, les activités de certaines professions dans des secteurs aussi divers que la santé, la finance, le marketing …
Constatons à cet égard, que l’une des plus prestigieuse banque d’affaires américaine a considérablement réduit son staff de traders, dont une très faible partie a été remplacée par quelques data scientists.
Cette mutation irréversible, impose de fait que soit menée une véritable réflexion sur la nature et la durée de l’activité travaillée future. Le monde de demain augure-t-il , un univers où le problème sera l’Homme : trop peu de travail pour trop d’hommes.
Il serait en tout cas vain, voire absurde de refuser ces évolutions techniques et les opportunités qu’elles peuvent offrir.
De toutes façons elles s’imposeront à notre quotidien ! Mais il serait aussi dangereux de ne pas analyser les conséquences économiques, sociales, tout simplement humaines qu’elles auront, et d’envisager dès à présent, avec clairvoyance, les réponses et les opportunités qu’il convient de développer pour éviter le risque de l’accroissement de la précarité induite par la réductive significative de l’offre de travail.
 
Hélène PICHON
Directrice des relations avec les institutions
Loïc TRIBOT LA SPIERE
Délégué Général
CEPS